Audrey Mariette « Echec » versus « réussite scolaire » ? Processus sociaux d'étiquetage & catégories institutionnelles : le cas des arrêts d''études en cours de baccalauréat professionnel
Production : Université de Strasbourg
Réalisation : Colloques et Conférences
description de la vidéo :
Les parcours et les motivations à la migration sont multiples. Mais au-delà de cette diversité, le départ des migrants de leur pays d''origine s''inscrit bien souvent dans un projet d''amélioration de leurs conditions de vie (fuir un pays en guerre, avoir un meilleur salaire, accéder aux politiques publiques de santé et d''éducation...). Ce projet, avec les représentations qui l''accompagnent, est souvent contrarié par une arrivée difficile en France qui modifie les attentes et les perspectives de réussite sociale. Les migrants installés de façon définitive en France tendent alors à reconstruire les représentations qu''ils se font de leur réussite. De plus, leurs enfants, qui participent largement du choix d''une installation en France, sont alors fortement encouragés à valider le projet migratoire originel de leurs parents : « réussir ».
Cette présentation propose une analyse des mécanismes complexes de la construction et reconstruction des projets d''ascension sociale des migrants et de leurs enfants. Nous montrerons tout d''abord la relativité de la hiérarchie des échelles symboliques des positions sociales. Le pays d''installation et le lieu de vie participent largement au sentiment de réussite. D''autre part, une analyse des mobilités sociales ne peut faire l''économie de leur dimension subjective. Au-delà d''une mesure objective des positions sociales (souvent exclusivement centrée sur les catégories socioprofessionnelles), les représentations subjectives de la réussite sociale participent largement du sentiment d''ascension ou de déclassement social. Nous questionnerons ici la façon dont ces dernières se construisent pour les descendants de migrants. Au final, il apparaît donc que la prise en compte de la dimension intersubjective des mobilités sociales est particulièrement riche pour leur analyse. Les acteurs construisent leurs représentations et leurs choix de vie dans le cadre de relations sociales multiples, parmi lesquelles les échanges intergénérationnels, au sein des familles, semblent prendre une place déterminante.